Il est essentiel de comprendre comment les médias travaillent et comment ils font pour s’assurer que l’information qu’ils véhiculent est crédible. ll faut en effet savoir qu’un journaliste, peu importe son média, doit respecter des règles de base avant de diffuser une information. En tout premier lieu, l’information qu’il rapporte doit être basée sur des faits.

Qu’est-ce qu’un fait ?

Ce n’est pas une opinion, et ce n’est pas seulement un témoignage. C’est une information vérifiable.

Et un journaliste doit en rester aux faits.  Ça ne veut évidemment pas dire que les gens qui écrivent sur Internet et qui ne sont pas journalistes écrivent sans vérifier. Et ça ne veut pas dire non plus que, parce que c’est écrit par un journaliste, on doive s’y fier à 100%. Mais ça signifie que la majorité des individus ne sont pas soumis à des règles aussi strictes que celles auxquelles sont soumis les journalistes. Et ça peut nous aider, dans certains cas, à mieux repérer un texte journalistique crédible.

Reprenons l’exemple d’une personne de l’école qui aurait été traitée de voleuse. Un journaliste ne pourrait pas reprendre dans ses pages la publication : « je sais qui a volé l’ordinateur du prof ! »

  • parce qu’il s’agit d’une mineure ! On ne pourrait pas la nommer dans un journal.
  • parce que dans les cas où on dévoile le nom d’une personne avant qu’elle ne soit formellement accusée, on ne le fait qu’après un travail de vérification journalistique rigoureux;
  • parce que cette rumeur repose uniquement sur le témoignage d’une seule personne, donc son opinion.

Une rumeur, une opinion : ce ne sont pas des faits. Le journaliste travaille avec des faits. S’il rapporte un témoignage, il devra le présenter comme tel —« ceci est l’opinion d’Untel »— et le contre-vérifier avant de publier, ce qui veut dire: trouver d’autres témoignages, parler à la personne accusée et lui demander sa réaction, etc.

Étapes avant de publier un texte journalistique

Il faut donc se rappeler que le journaliste passe par une série d’étapes avant que son article soit publié ou que son reportage soit diffusé à la radio ou à la télé. Si un journaliste devait couvrir une affaire de vol d’ordinateur dans une école, il faudrait qu’il :

  • interroge le témoin, la personne qui s’est fait voler, la personne qui est accusée de vol, la police, le directeur de l’école;
  • leur pose des questions : qui, quoi, quand, où, pourquoi, comment;
  • récolte des preuves solides;
  • recoupe les informations entre elles;
  • valide si possible avec le rédacteur en chef de son média.

Rien de tout cela ne garantit que 100% de ce qui sera publié sera vrai. Des erreurs peuvent se glisser dans le processus. Des journalistes peuvent se tromper, ou avoir été trompés. Mais l’avantage de ce processus, c’est qu’il laisse justement passer moins d’erreurs. Cela exige plus de temps que d’inventer une histoire sur le coin d’une table et d’appuyer sur « publier ».

C’est pour cette raison que les fausses informations, elles, voyagent beaucoup plus vite!  Et c’est pourquoi la meilleure façon de les enrayer à la source est d’être attentif à ce qu’on commente et partage sur internet.